L'atelier de recherches interactives
Conférences, expositions et workshops (archives)
2005-2006 >
Observatoire des nouveaux médias

Cycle de conférences organisé par l’École nationale supérieure des arts décoratifs (Atelier de recherches interactives) et l’Université Paris 8 (Programme de recherche Ciren et Master Art contemporain et nouveaux médias)

Prenant la suite des conférences de 2004-2005 qui ont interrogé la spécificité artistique du numérique en observant comment des expositions abordent la création impliquant le numérique, les conférences de 2005-2006 proposent d’élargir et de diversifier l’observation et la réflexion sur les nouveaux médias dans la création et la recherche artistique contemporaines.

L’Atelier de recherches interactives (Ari) est un post-diplôme de l’École nationale supérieure des arts décoratifs
http://www.ensad.fr

Le Centre interdisciplinaire de recherche sur l’esthétique du numérique (Ciren) est un programme de recherche de l’Université Paris 8 rattaché à l’équipe d’accueil  Arts des images et art contemporain, bénéficiant du soutien du Ministère de la culture (Mission recherche et technologie) et du Conseil régional d’Ile de France.
http://www.ciren.org/

Art contemporain et nouveaux médias est un master de recherche de la discipline Arts plastiques de l’Université Paris 8. Les conférences Observatoire des nouveaux médias participent au cycle Moments d’art contemporain de ce master.
http://www.arpla.univ-paris8.fr/~canal10

En 2005-2006, les conférences Observatoire des nouveaux médias ont lieu tous les 15 jours à l'Ensad, 31 rue d’Ulm, Paris 5e. Pour en recevoir le programme, envoyez votre adresse à : ciren@ciren.org


Conférence Observatoire des nouveaux médias
Mercredi 8 mars 2006

Shelly Silver
"What I'm Looking for”

http://www.shellysilver.com/

What I'm Looking fo (2004)
Film et installation
Conférence Observatoire des nouveaux médias
Mercredi 22 février 2006

Myriam Gourfink
"De l'idée au geste"

http://www.myriam-gourfink.com/

This is my house
Centre Pompidou, février 2006
Conférence Observatoire des nouveaux médias
Mercredi 11 janvier 2006

Shu Lea Cheang
"Fictional installation toward Wifitopia"



URLs
http://www.take2030.net
http://garlic02.worldofprojects.info/
http://garlic03.worldofprojects.info/
http://babylove.biz

« Depuis 2002, une partie de mon travail d'installation explore le concept du wifi public ouvert et de son devenir en réseau social autonome. Le mouvement émergent d’un réseau sans fil libre avec protocole disponible 802.11 WLan intégré participe des pratiques récentes de la net culture : open source, DIY, peer to peer, creative commons, self organization, etc. Alors que les secteurs commerciaux profitent de la mobilité ‘promise’ du wifi wet dream, les praticiens du net construisent et connectent des points d’accès locaux dans une perspective sociale. Considérant la licence de l’Open Spectrum régulée pour l’essentiel par les gouvernements et l'allocation de largeur de bande passante calculée plutôt par les sociétés de télécommunication, la Wifitopia porte-t-elle un imaginaire fécond ? Dans les communautés du réseau libre, l'accord picopeer sur le trafic de données est respecté. Comment autogérer les ressources ‘communes’ tout en approuvant de tout cœur la consommation de l'open air ? Le mouvement du réseau libre peut-il éventuellement s'autofinancer ? Comment négocier les accès en termes d'écologie de la bande passante ? Plongée moi-même dans cette culture wifi du réseau, je m'engage dans la construction d'interfaces sociales qui se séparent du circuit fermé recensé des champs interactifs. Si la réalité accroche, la fiction la renverse. Mes installations wifi sont conçues selon un scénario fictionnel : Imaging Wifitopia, Abandoning Wifitopia. »

Shu Lea Cheang, « artiste numérique mobilisée », développe un champ de réalisation qui articule installation en ligne, interfaçage social et réalisation de film. Elle présentera : Drive By Dining (2002), performance installation dîner, NL design, DasArts Dialogues et le Sandberg Institute, Amsterdam; Garlic=Richair (2002), projet de moisson et de réseau public, Creative Times, New-York City; Richair2030 (2003-2004), performance wifi errante avec Take2030, Zone of Urgency, Biennale de Venise, 2003; Babylove (2005), installation wifi mobile, Palais de Tokyo, Paris; Porta2030 (2006), performance en réseau avec Take2030, Node London.



Babylove (2005)
Mobile wifi installation, Palais de Tokyo,
Paris, 8 décembre 2005 - 8 janvier 2006.
Conférence Observatoire des nouveaux médias
Mercredi 7 décembre 2005

Christophe Atabekian
"Gutenberg II"


http://www.livejournal.com/users/xacha/


Conférence Observatoire des nouveaux médias
Mercredi 23 novembre 2005

Stéphane Singier
"2006, l’avènement de la TVHD en Europe"



Conférence Observatoire des nouveaux médias
Mercredi 9 novembre 2005

Nicolas Boone
"Conférence cinématographique"


ARCHIVES 2005 > Les conférences Ari-Ciren en 2005

Dans la suite de la manifestation Jouable, les conférences Ari-Ciren interrogent en 2005 la spécificité artistique du numérique en observant comment des expositions abordent divers aspects de la création impliquant le numérique sans pour autant se centrer sur le numérique.

Le Ciren (Centre interdisciplinaire de recherche sur l’esthétique du numérique) est un centre de recherche de l’Université Paris 8 bénéficiant du soutien du Ministère de la culture (Mission recherche et technologie) et du Conseil régional d’Ile de France
http://www.ciren.org/

Les conférences Ari / Ciren sont dédiées à la recherche et à la création dans le champ de l’interactivité et du numérique. Elles ont lieu une fois par mois.


Conférence Ari-Ciren
Mercredi 18 mai 2005

Anne Nigten
"aRt&D (artistic research and development), V2_, Rotterdam"

Dans la suite de la manifestation Jouable, les conférences Ari / Ciren ont interrogé en 2005 la spécificité artistique du numérique en observant comment des expositions abordent la création impliquant le numérique. La série des expositions Jouable (Genève, Kyoto, Paris) ayant mis en évidence tout un ensemble d’œuvres prototypes produites dans des ateliers de recherche, le cycle de conférences qui s’ouvre avec cette invitation vise à observer les laboratoires où les nouveaux médias s’apparentent à l’art.

Anne Nigten présente ainsi le programme théorique et pratique de recherche et développement artistique intitulé aRt&D au sein de l’important V2_, Institute for the Unstable Media à Rotterdam. Elle analyse le processus et les méthodes observées dans les équipes interdisciplinaires du V2_Lab qui collaborent à la réalisation d’œuvres artistiques et de projets de recherche scientifiques.

Anne Nigten est manager du V2_Lab, département aRt&D du V2_, Institute for the Unstable Media à Rotterdam, Pays-Bas. Elle fait des conférences sur la recherche et développement interdisciplinaire dans une perspective artistique. Elle est membre du bureau d’ISEA et conseillère pour plusieurs initiatives dans le champ des arts et sciences des médias telles que l’Unesco digi-art. Elle est doctorante à l’University of the Arts de Londres et publie des articles ayant trait aux collaborations entre l’art, l’ingénierie, la science, l’informatique et le développement logiciel. Précédemment à sa fonction à V2_, elle a travaillé comme artiste des nouveaux médias et comme organisatrice dans ce secteur aux Pays-Bas.
http://www.v2.nl

[La conférence a lieu en anglais]


Conférence Ari-Ciren
Mercredi 20 avril 2005

Laurence Dreyfus
"La question de l'art participatif et du jeu vidéo dans l'art contemporain"

Laurence Dreyfus aborde le statut de l'art participatif et du jeu vidéo dans l'art contemporain. Elle évoque les expositions dont elle a assuré le commissariat : Biennale de Lyon, Connivence, 2001 (première apparition des jeux vidéo réinterprétés par des artistes pour une biennale); Game Over City, 2002, exposition à Reims qui avait pour thème la promenade interactive et l'architecture; Art Digital Video, 2003-2005, qui traite de ces nouvelles images dites cinématiques ou animations présentées dans le cadre d'une exposition itinérante.

"Novateurs et inclassables, les inventeurs de jeux et d'images empruntent des voies multiples et polymorphes: films d'animation, flash, net art, images de synthèse, images numérisées. Cette génération entre dans le 21e siècle en occupant une place prépondérante dans la culture interactive et électronique (musique, graphisme). Plusieurs réels se confrontent et se confondent et on observe une appropriation des figures narratives sous la forme de jeux ou de fictions interactives qui progressivement se détachent des vidéos traditionnelles."

"L'émergence de ces nouvelles images est ici abordée en fonction de sa pertinence et de son enjeu esthétique dans l'univers multimédia. Plusieurs sujets et questions apparaissent : un potentiel d'expérimentation infini, la quête d'identité et le corps virtuel, le questionnement de l'univers fantastique, l'outil critique et l'esthétique subversive et enfin les abstractions, de l'image-relation à l'image abstraite."

Laurence Dreyfus est commissaire d’expositions indépendante, consultante, chargée de mission pour le Ministère de la culture (multimédia), journaliste et chroniqueuse (Beaux Arts Magazine, Flash Art, et d’autres revues et magazines).


Conférence Ari-Ciren,
avec le DEA "Arts des images et art contemporain" de Paris 8
Mercredi 30 mars 2005
15h et 18h30

Retour sur Les Immatériaux

Quand, en 1984 au Centre Pompidou, Jean-François Lyotard est appelé à prendre la direction intellectuelle d’une exposition prévue sur le thème "matériaux nouveaux et création", il entend mettre en question chacun de ces trois termes en la nommant Les Immatériaux et en proposant d’agencer l’exposition selon les mots matériau, matière, matrice, matériel, maternité. L’exposition donnera au visiteur "le sentiment de la complexité des choses" car "une nouvelle sensibilité naît" alors que "dans la création apparaissent de nouveaux genres d’art reposant sur les nouvelles technologies". L’exposition s’est ouverte il y a tout juste 20 ans, le 28 mars 1985.
Il s’agit aujourd’hui de témoigner de cette grande exposition devenue mythique, et de considérer le destin théorique et historique de ces "immatériaux", qui désignent non pas simplement ce qui est immatériel mais, de façon ouverte, "un matériau qui disparaît comme entité indépendante", un matériau où "le modèle du langage supplante celui de la matière" et dont le principe "n’est plus une substance stable mais un ensemble d’interactions".

Exceptionnellement, la conférence Ari/Ciren s’associe au DEA de Paris 8 "Arts des images
et art contemporain" et propose deux sessions, présentées par Manuela de Barros :

15h-17h30 : "L’image des Immatériaux" par plusieurs de ses participants directs,
Philippe Délis (scénographe), Jean-Louis Boissier, Liliane Terrier, Marie-Hélène Tramus, avec le concours de Martine Moinot (Centre Pompidou)

18h30-21h : "L’écriture des Immatériaux" par deux de ses participants directs,
Christine Buci-Glucksmann et Jean-Pierre Balpe, questionnés par Paul Devautour.



Visuel des Immatériaux par Luc Maillet, 1985
Conférence Ari-Ciren
Mercredi 23 février 2005

Jérôme Delormas
"Le projet Multiimages"



Conférence Ari-Ciren
Mercredi 26 janvier 2005

Ami Barak
"Du coq à l'âne avec ma souris verte"


ARCHIVES 2004 >

JOUABLE

Exposition
Ensad, 19 novembre-4 décembre 2004

Documents sur l'exposition :
http://www.ciren.org/ciren/
http://www.ciren.org/ciren/productions/jouable_3/index.html



Jouable
Art, jeu et interactivité
Colloque, workshops et expositions

GENÈVE-KYOTO-PARIS
Livre-catalogue
15 x 21 cm
372 pages (300 ill. dont 156 en coul.)
25 Euros
ISBN 2-8399-0018-1
http://www.lespressesdureel.com/index1.htm
http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=545



Visuel : Aiko Oshima

Conférence Ari-Ciren
Mercredi 12 mai 2004

Jean-Louis Boissier
Présentation de son livre : La relation comme forme. L'interactivité en art.

"L’histoire de l’art aime à poser des ruptures comme autant de repères de son évolution.L’apparition du numérique en est une. Prenant à contre-pied cette approche morcelée du champ artistique, Jean-Louis Boissier s’intéresse aux continuités historiques..."

Éditions du Mamco (Musée d’art moderne et contemporain, Genève) en co-édition avec le Centre pour l’image contemporaine, Saint-Gervais, Genève, la Haute école d’arts appliqués, Genève et l’Université Paris 8. Avec le CD-Rom Essais interactifs. 2004, 312 pages, 17 x 24 cm, 20 dessins. ISNB : 2-940159-31-9 , 25 euros

Jean-Louis Boissier est professeur en esthétique et arts plastiques à l’Université Paris 8 .

Édition : Mamco
http://www.mamco.ch/editions.html
Diffusion : Presses du réel
http://www.lespressesdureel.com


Atsuko Uda
Présentation de ses travaux: Hands-on-movies


Avec ce qu’elle nomme « hands-on-movies », films manipulables, Atsuko Uda recherche un type d’images dans lesquelles le spectateur puisse s’absorber comme dans une lecture. Ses films destinés à Internet et non à la projection en salles doivent pouvoir être regardés de près sur un ordinateur personnel, comme on consulte une bande dessinée ou un programme éducatif à la télévision.

Ces films interactifs, à explorer par le jeu de déclenchements et de bifurcations, font appel à la prise de vues et parfois au dessin mais ne relèvent en rien des technologies de la visualisation immersive.
Depuis 1997, Atsuko Uda met ainsi régulièrement en ligne sur son site de courts films vidéo-interactifs expérimentaux, dans la tradition d’un cinéma du quotidien, à la fois documentaire et fictionnel, dont l’histoire est attachée aux gestes, aux sensations et aux relations avec les personnes et les objets.

Atsuko Uda est née en 1973 dans la préfecture de Kanagawa au Japon.
Diplômée en 1996 de la Tama Art University en design intérieur, elle poursuit ses études à l’académie IAMAS (International Academy of Media Arts and Sciences, Ogaki, préfecture de Gifu), dont elle est diplômée en multimédia en 1999.
Elle travaille ensuite pour la Japan Science and Technology Corporation en tant qu’assistante de recherche.
D’avril 1999 à octobre 2000, elle collabore au laboratoire de physique de la Kanawaga University.
De 2002 à 2004, elle prolonge ses recherches et prépare un master dans le cadre de l’institut supérieur IAMAS (Institute of Advanced Media Arts and Sciences).

Ses travaux artistiques indépendants se diffusent progressivement et lui valent plusieurs prix importants (Image Forum Festival Grand Prize, 1999; NHK BS Digi Star Web Division Top Prize for Excellence, 2000; Canon Digital Creators'Web Division Grand Prix, 2001). Ils la conduisent en 2001 à un projet pour Telenor, entreprise téléphonique norvégienne, et, en 2002 et 2003 à une participation à la campagne Web des cosmétiques Shiseido.

Sites :
http://www.iamas.ac.jp/~aya/telenor/
http://www.iamas.ac.jp/~makura
http://www.pn-world.tv

Contact : makura@iamas.ac.jp







J-L.B., Globus oculi, 1992
Conférence Ari-Ciren
Mercredi 28 avril 2004

Paul Devautour
"Invisibilité de l'art en réseau"



Conférence Ari-Ciren
Mercredi 3 mars 2004

Nikola Jankovic
"L'image habitable"



Conférence Ari-Ciren
Mercredi 14 janvier 2004

Claude Closky
".cgi, .css, .csv, .dat, .dcr, .gif,.htm, .jpg, .js, .mov, .php, .pl,.png, .swf..."

.cgi, .css, .csv, .dat, .dcr, .gif, .htm, .jpg, .js, .mov, .php, .pl, .png, .swf... Autant de formats avec lesquels Claude Closky jongle. Du quotidien et de son détournement : dans les signes, codes, systèmes, formules, il s'immisce et en épouse les formes pour les déconstruire, en tout cas tourner en dérision des formules toutes faites. Les objets "htmliens", "flashiesques" qu’il fabrique, dépassent le corpus sémantique pour rejoindre le décoratif, certains fonds d'écran-image-icône rassemblent des boucles fondues exquises… aux couleurs toujours acidulées. Le World Wide Web, sa ressource, détermine le format de production, le support et la matière première qui ne font qu'un. Il convoite les slogans et par la même les supports les plus visibles des médias. Sa dernière pièce, Television, présentée au Location One de New York, une réflexion caricaturale sur les réseaux web et télé, questionne leur développement rapide et continu : le progrès est tel qu’il se détache même du message véhiculé. L’installation présente une multitude d’écrans où tour à tour défilent des petites boucles programmées dont les codes et graphismes sont détournés de la réalité, il exalte ici le zapping cynique. Concepteur de sites-œuvres, Claude Closky nous présentera une évolution de son travail Internet. Depuis Do you want love or lust ? pour le Diacenter au site pour le Musée d’art moderne du Grand-Duc Jean à Luxembourg (Mudam).

Claude Closky travaille avec différents médiums, dessin, photographie, vidéo et internet... Il a réalisé des sites web pour le Centre Pompidou (2001), la Dia Fondation (1997), la Drac Ile-de-France (2000), le Frac Languedoc-Roussillon (1999), Location One (2003), Media Scotland (2000), le Musée d'art moderne Grand-Duc Jean (depuis 2001), Synesthésie (2000), L'Union Centrale des Arts Décoratifs (1999), le Walker Art Center (2000). Il a participé aux biennales de Ljubljana (2001), Lyon (1995), Rotterdam (2003), Sydney (1996), Taipei (2000), Valence (2001), Venise (2001), à des expositions au Centre Pompidou, Paris (1993, 2000, 2001), à la Fondation Olivetti, Rome (2002), au Ludwig Museum, Koln (2002), à l'Oca, Sao Paulo (2001), à la Tate Gallery, Liverpool (2001, 2003). Son travail sera présenté au printemps 2004 à la Fondation Miro, Barcelone.

Les sites de Claude Closky :
http://www.sittes.net/closky
http://closky.online.fr
http://www.mudam.lu


ARCHIVES 2003 > Conférence Ari-Ciren
Mercredi 26 novembre 2003

Pierre Giner
"Faut-il considérer les nouveaux médias comme actuels ?"




Conférence Ari-Ciren
Mercredi 14 mai 2003

Christine Buci Glucksmann
(conversation avec Jean-Louis Boissier)
"Vers une esthétique du virtuel ?"

Le développement des nouvelles technologies du virtuel a entraîné une transformation historique majeure qui touche toutes les pratiques artistiques : le passage d'une culture des objets et des stabilités à une culture des flux et des instabilités. On s'interrogera sur les modalités et les implications d'une telle mutation, en mettant en valeur une nouvelle théorie de l'image : l'image-flux qui ouvre une approche polysensorielle des dispositifs de l'art.

C'est pourquoi les images-flux sont inséparables de nouvelles formes du temps : temps machinique et fluide, éphémère. On dégagera l'esthétique du virtuel qu'elles mettent en œuvre à partir de ses nouveaux modèles : les topologies, les artefacts, les enveloppes, les surfaces et secondes peaux. De tels modèles propres à l'art comme à l'architecture donnent naissance à une esthétique des transparences et des fluidités, qui renoue avec l'éphémère comme valeur positive de l'art propre au Japon, qu'il s'agisse d'êtres artificiels, de lieux ou de paysages.

Christine Buci-Glucksmann est professeur émérite de l'Université Paris 8 (département Arts Plastiques). Spécialiste de l'esthétique et de l'art contemporain, elle est l'auteur de très nombreux livres et publications en France comme à l'étranger, où elle a enseigné (Japon).
Derniers ouvrages aprus :
L'Esthétique du temps au Japon. Du zen au virtuel, Galilée, 2000.
"Les lieux de la transparence", dans OEuvre et Lieux, direction A.M. Charbonnaux et N. Hilaire, Flammarion, 2002.
La Folie du voir. Une esthétique du virtuel, Galilée, 2002.
Histoire florale de la peinture, Galilée, 2002.
À paraître : Les Modernités chinoises, Skira, juin 2003.


Conférence Ari-Ciren
Mercredi 23 avril 2003

Samuel Bianchini
"Pratiquer les images interactives"

Créateur et "utilisateur" sont tous deux à l'oeuvre pour réaliser une image interactive, ils la pratiquent chacun à leur manière. Le premier élabore des stratégies pour prévoir et parfois conditionner les gestes du spectateur qui activera son image. En retour, l'utilisateur s'emploie à manipuler celle-ci, à en "jouer". Chacun élabore sa tactique et se projette dans l'activité de l'autre. Prise dans une situation complexe et collective, celle des réseaux électroniques, l'image interactive se déploie et redistribue les rôles, elle est alors image partagée ou image distribuée.

En associant programme et geste, les images interactives font se coupler, dans leurs possibilités de manipulation, l'image et l'action, la représentation et la réalité physique. Cette manipulation à double sens est à comprendre aussi bien sous son acception idéologique que gestuelle. Ces images deviennent un des instruments privilégiés de l'interopérabilité de nos réalités physiques et des médias interactifs, de nos "réalités médiatiques". Elles sont le vecteur principal d'un conditionnement réciproque qui se réalise à travers toutes les formes de manipulation.

Puisque l'interactivité est le plus souvent signe de situations réversibles, être en mesure de penser, de proposer et d'investir ces images est aujourd'hui une nécessité politique pour éviter leur instrumentalisation au profit d'un asservissement à sens unique et pour valoriser la création comme activité fondamentale de réalisation individuelle et collective.

Lors de cette intervention seront présentés plusieurs réalisations et quelques projets en cours de développement : Contretemps, seul à seul, Abstract [explosion], D'autant qu'à plusieurs, Ta garde, Sniper, If I Were U et IDiKIT. La plupart sont visibles via le site web :
http://www.dispotheque.org

Samuel Bianchini est artiste. Il prépare actuellement, à l'Université Paris I, Panthéon-Sorbonne, un doctorat pratique et théorique sur les images interactives.
Né en 1971 à Nancy, il a reçu une formation artistique aux Beaux-arts (Nantes), à l'Ensad, et Ensaama (Paris), et une formation en Arts plastiques à l’Université Paris I et technique au CNAM (Paris). Il a participé à des expositions : Musée d'art moderne de la Ville de Paris, ZKM de Karlsruhe, Cité des sciences et de l'industrie à Paris, Villa Arson à Nice. Il collabore avec des scientifiques et des laboratoires de recherche en informatique, Studio Créatif de France Télécom, CERI au CNAM, il a publié aux Éditions du Centre Pompidou, aux Éditions Jean-Michel Place, aux MIT Press. Il enseigne à l'École nationale supérieure d'art de Nancy, à l'Université Paris I, à l'ENSCI. Il est membre du CRECA de Paris I et du CEDRIC au CNAM.



Samuel Bianchini, Sniper

Conférence Ari-Ciren
Mercredi 26 mars 2003

Peter Cornwell
"Durable et éphémère : le paradoxe des nouveaux systèmes numériques"

Les machines de traitement de texte, annuaires, tableurs qui ont été implantés sur les ordinateurs personnels au début des années 80, se sont intégrés récemment dans la téléphonie mobile, la communication par Internet, les appareils photo numériques, et ce, avec une rapidité et une précision qui nous aurait coupé le souffle ne serait-ce que dix ans auparavant. Plus proches d'appareils tout droit tirés de Startrek que d'ordinateurs, ils sont la promesse d'une “compagnie” dans l'organiser personnel.
Une autre particularité de ces accessoires vient du fait que les informations qui leur sont confiées peuvent devenir encore plus permanentes. Plongez votre Filofax dans une rivière et vous pouvez être sûr que son contenu est probablement perdu à jamais. Vous oubliez votre Palm dans le métro? Le plus simple est d'en acquérir un autre et de transférer les données enregistrées automatiquement par votre PC. Étant donné l'avènement de l’image dans la messagerie, ces dispositifs conduisent beaucoup de gens à stocker des albums entiers d'instantanés électroniques, documentant non seulement nos activités quotidiennes mais aussi celles de notre entourage.
Une question centrale dans l’apport culturel de ces technologies réside dans la traçabilité à long terme de telles informations, au-delà de la durée de notre vie. On ne connaît pas bien la localisation actuelle de la conservation des informations, sa sécurité, sa disponibilité. On peut s’interroger sur l’apport de la navigation au travers de multiples informations structurées, sur un renouvellement dans la relation à l’histoire ou à l’expérience.
La conférence présente l'investigation des croisements actuels de la technologie et de la culture, ce qui permet, une fois de plus, de bouleverser notre perception des technologies de l'information.

Peter Cornwell est le directeur du Visual Theory Group de l’Imperial College à Londres et chercheur à la Royal Academy of Arts de Londres. Il a travaillé à l'image de synthèse tant comme artiste que comme ingénieur pendant vingt ans. Après avoir étudié la peinture, il a travaillé aux premières infographies pour la télévision à la Moving Picture Company et pour Meiko, spécialiste en super calculateurs. Comme responsable de recherche et développement en Europe de Texas Instruments Industrial Systems, il a développé des systèmes de conception assistée par ordinateur et de fabrication industrielle robotisée. Plus tard il a fondé à San Francisco Division Inc., une société de réalité virtuelle qui a développé des environnements virtuels pour l'architecture, des sociétés pharmaceutiques et aéronautiques. Il a travaillé à des environnement virtuels de simulation de vols spatiaux à la NASA et a été responsable du développement de Virtual Design Environment, un système de création d'espace virtuels largement utilisé par des compagnies de design et d’ingénierie.

http://www.zkm.de/futurecinema/cornwell_werk_e.html


Conférence Ari-Ciren
Mercredi 5 mars 2003

Yukiko Shikata
"NewFUNction of Technology - Emerging Media Art from Japan"

La diffusion d'Internet et des technologies des télécommunications depuis la fin des années 90 a apporté un nouvel environnement de connections partagées, au Japon comme dans beaucoup d'autres pays. Mais ce qui différencie le Japon des autres communautés pourrait résider dans l'utilisation généralisée de petits outils portables, de gadgets comme les téléphones mobiles, créant un nouveau champ urbain d'informations où les gens communiquent exclusivement au travers d'interfaces. Des artistes se
sont intelligemment emparés de cette situation et du potentiel technologique qu'offre le quotidien.
Ils jouent "sauvagement" de cette situation : en collaborant au-delà des disciplines, se stimulant les uns les autres, et s'ouvrant au public, ces artistes essaient de révéler de "nouvelles fonctions technologiques du
quotidien".
Les travaux ne sont pas directement des messages socio-politiques mais ils contiennent des points de vue critiques sur le statut actuel des médias et des informations dans nos sociétés. Par là même, la réalité locale rejoint celle du global.

Yukiko Shikata est commissaire indépendante et critique d'art à Tokyo.
Elle travaille en tant que commissaire associée au Mori Art Museum (MAM).
Commissaire invitée pour Shiseido CyGnet, elle est également professeur à la Zokei University de Tokyo.
Elle est membre du comité de programmation de EYEBEAM, New York et du conseil international de Transmediale, Berlin.
Ses principales expositions et productions : Projets pour Canon ARTLAB (co-commissaire jusqu'en 2001); Mischa Kuball "Power of Codes-Space for speech", Musée national de Tokyo, 1999; "Art.bit collection", NTT-ICC, 2002; "Kingdom of Piracy" co-commissaire, 2001; "Open Mind" CD, Mori Art Museum, 2002.
http://www.moriart.org/







Yukiko Shikata
Tokyo, novembre 2002
photo JLB

Ari
24-28 février 2003
Workshop

Douglas Edric Stanley
"Espaces collectifs et réseaux"

La technologie multi-utilisateurs existe depuis un certain temps, mais on peut être surpris par le peu d'usage qui est fait dans le milieu du design expérimental, à part quelques "chats" assez drôles comme DB-DB OUR DESIGN PLAYGROUND (mais c'est très simple) ou le Vectorama (un peu gentil). Yugop a exploré aussi cette technologie, et avec son dernier CAMCAMTIME, il semble dégager quelques pistes sures. Du côté négatif, on peut être séduit pas l'idée de Society (Villette-Numérique) mais critique sur son fonctionnement. Il y a donc beaucoup d'exemples à analyser, une émergence à explorer, et il est intéressant de voir ce qu'un groupe de recherches sur l'interactivité peut imaginer sur cette question.

De précédents workshops (Villa Arson, Aix, Marseille, Avignon, etc.) ont exploré les rapports robotique/réseau avec l'idée d'une interaction multiple. Mais ici c'est plus sur le degré zéro d'un espace multi-utilisateur qui nous intéressera. Qu'est-ce que "toucher" à plusieurs ?

On pourrait même se servir des API que j'ai perfectionné depuis plus d'un an. J'ai un programme sur mon serveur qui me permet de créer des animations relativement rapidement, où les interactions des utilisateurs ont des répercussions en temps réel sur les autres utilisateurs du système et sur le lieu qu'ils partagent. Ce n'est pas juste de la "communication" au sens de France Telecom ("je vois ton interaction, tu vois mon interaction"), il y a ici une notion de mémoire de la communication qui se joue avec le serveur. On peut laisser des traces. (www.webwaste.net aura été pour Ragnar et moi une exercice plutôt explicite de ce procédé, mais je pense aussi à des choses plus subtiles). Ce serait intéressant de voir comment la capture/saisi du réel peut se répercuter sur un espace/matière en ligne ou ailleurs. On peut faire des choses purement en ligne ou bien hybrides, on verra ce qui est le plus intéressant.

Douglas Edric Stanley
<destanley@abstractmachine.net>
http://www.abstractmachine.net
Professeur d'arts numériques, École supérieure d'art d'Aix-en-Provence
http://www.ecole-art-aix.fr/hypermedia
Artiste/chercheur, Laboratoire Esthétique de l'interactivité, Université Paris 8




Conférence Ari-Ciren
Mercredi 29 janvier 2003

Antoine Schmitt
"Une esthétique de la cause ?"

La programmation de simulations informatiques a ouvert un nouveau champ de création artistique, dont les mots-clés sont : autonomie et temps réel. Dans ce champ, la tension entre réel et symbolique se déplace vers la fabrication de la cause du mouvement. L'algorithme représente le système, mais la simulation est indifférenciable du réel. La matière première de ce nouveau médium est la programmation.

Artiste plasticien et programmeur, Antoine Schmitt, utilise la programmation comme matière à part entière, pour réaliser des installations, expositions en ligne, performances et CD-Roms, dans lesquels il confronte des systèmes artificiels abstraits aux visiteurs ou à des performers. Il fabrique de nouvelles sortes de formes dynamiques en recréant algorithmiquement les causes du mouvement, les forces sous-jacentes aux actions. Conçue comme infra-langage, la sensation est au cœur de ses réalisations.
Son travail a été récemment primé dans plusieurs festivals internationaux : Medi@terra (Athènes, 1999), Interférences (Belfort, 2000), Transmediale.01 (Berlin, 2001), Festival international de vidéo-danse (Paris, 2002), Life 5.0 (Madrid, 2002).

http://www.gratin.org/as/



Antoine Schmitt
21 beams ensemble, 2001